Edern-Plonévez 13 décembre 2015

Edern……… terne.

Ca y est. C’est pour bientôt. Samedi soir pour être précis. Le grand soir. Un an que j’attends. La grande Finale. La vraie. L’unique. Certes, je ne crache pas sur la finale de la Ligue des Champions, ou la finale de la Coupe de France, ou même sur la finale de la Coupe du Conseil Général, mais samedi c’est du sérieux.

C’est la finale de la Coupe de la Gigue, couplée à l’élection de miss Dinde ballon d’or.

La Coupe de la Gigue est à la dinde commune ce que la Coupe de France est au footballeur amateur : le paradis.

Comme au foot, il y a des tours préliminaires. Prouvée indemne du virus H5N1, de toute sextape personnelle, ou de cliché licencieux antérieur, les dindes victorieuses sont retenues par le sélectionneur national pour jouer la finale, revêtues du maillot de leur région, pour qu’on la reconnaisse bien. Bon, la compèt’ des dindes cela change un peu du foot. D’une part c’est un sport individuel, la dinde est hargneuse et vit mal en équipe. D’autre part il faut faire tenir le supporter jusqu’au coup de sifflet final, donc on habille la dinde en robe blanche à volants façon Cendrillon, puis en bikini façon pin-up, puis en robe longue fendue façon Jean Harlow. Et la dinde doit danser, sautiller, virevolter, se pavaner, monter des marches, descendre d’autres marches, remonter d’autres marches. Tout cela avec élégance, assurance et prestance. En rythme. Faut pas décevoir, c’est le match de gala, la finale de la Coupe de la Gigue. Mais bon, ça c’est facile parce que la dinde, ce n’est pas la poulette vulgaire, la gallinette de banlieue ou la cocotte poissarde, c’est le volatile qui a de la noblesse, le gallinacée qui a de la classe, la turkey qui a du British. Une bonne dinde digne dandine divinement.

Et puis il faut reconnaitre que, à cette époque de l’année, le moindre faux-pas peut lui être fatal. La malheureuse dinde peut se retrouver au four, baignant dans une sauce aux échalotes, et le cul bourré de chair à saucisses et de marrons. Donc pas de glougloutement inopportun envers l’arbitre.

Une petite pause pour nos amies footeuses :

Bon, mais c’est bien joli tout cela, jouer au foot et tout, mais le linge va pas se laver tout seul !

Comme au foot, la Coupe c’est par élimination directe, et c’est long, plus de 3 heures. C’est éprouvant,surtout pour le supporter. Il faut à portée de mains les chips, la Coreff, la pizza, mais pas de maïs, ça peut déconcentrer la dinde. N’oublie pas le smartphone avec l’application 36-15 code La Cuisse, parce que tu participes au jeu. Tu préfères la dinde d’Alsace, ou la dinde de Picardie, tu appelles, tu pianotes, et l’arbitre doit en tenir compte. Une finale participative.

Bien sur, j’aurais un penchant plutôt pour la Bretonne, élevée au blé noir et au cidre bouché. Mais j’suis objectif, si je vois mieux, je saurais être sportif. Ce qui compte c’est la présentation en maillot. De maillot une-pièce, il est passé à bikini deux-pièces, faut reconnaitre que cela nous aide, on voit mieux. Sans vouloir vous dévoiler mes préférences, je suis attentif au galbe de la cuisse. Une dinde de compèt’ a le quadriceps copieux, potelé, grassouillet, sans être adipeux ou boudiné, ni tomber dans la canne de serin. Je ne néglige pas le mollet ou le fessier, certes non, je sais jeter un œil sur le jabot ou le pectoral, mais à mon avis c’est le quadriceps élancé qui fait la dinde de concours. La cuisse est à la dinde ce que le cuissot est au chevreuil, le magret au canard, le râble au lapin, la marque de fabrique. Evidemment, là, je parle esthétisme, plastique, joliesse. Mais il ne faut pas négliger la technique, avec le jeu en profondeur, le dribble chaloupé ou le tacle glissé, tous gestes techniques qui font d’une dinde commune une dinde de compèt’.

Une autre petite pause pour nos amies footeuses :

Bon, mais c’est bien joli tout cela, jouer au foot et tout, mais y a que du pain à bouffer?

Je vais suivre la finale de bout en bout, et la remise des trophées et l’interview de la gagnante. Elle va pleurer, c’est sûr. Et pis y aura des paillettes, et de la musique à donf’, et le tour d’honneur.

La Coupe de la Gigue, grand spectacle!

Et je suis allé voir le début du match des filles contre Lamballe, faire une photo. Ah non ! J’avais prévu avant de faire mon papier. Pas d’amalgame.
Et puis je suis allé à Edern, avec un retour à la lanterne, lent, terne.
Et pis on est rentré
AN

Edern-Plonévez décembre 2015



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