Leuhan-Plonévez août 2015

Autant en emporte …. Leuhan.

Je commence pas mal. Le titre est bon. On sent l’épopée, on subodore la saga, on pressent le biblique. Il est bon. C’est mon premier titre de la nouvelle saison, et c’est la Coupe de France quand même. Faut du lyrisme et de l’originalité. Fautde la vie. Faut capter. Faut accrocher. Faut séduire. Ah, vous pensiez que j’allais raccrocher. L’âge, l’arthrose, la chute des cheveuxet les troubles de mémoire auraient sapé l’envie. Certes il faut reconnaitre que la mise en jambes est difficile. Mais une fois lancé, on ne m’arrête plus. Je marathone, je traile, je Paris-Brest-Parise.

Une petite page de pub :

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En tout cas, je suis bien dans le rythme, j’ai trouvé Leuhan et je suis à l’heure pour la sortie des vestiaires, alors les troubles de mémoire , tu oublies .......

Professionnel, je fais la photo des Plonévéziens

Et, bon prince, la photo de Leuhan (avec 3 qui m’ont déjà vu quelque part …).

Ca démarre bien….
Des esprits chagrins disent que si je continue c’est que personne n’a eu l’idée de me dire d’arrêter. Ce n’est pas faux. D‘autres esprits chagrins, font état d’une prolongation suite à l’absence de propositions de la part d’autres clubs. Ce n’est pas faux non plus. D’autres esprits chagrins pensent que je vais faire une « Bielsite marseillaise » à savoir une fuite matinale, avec ma glacière et mon Kodak, après mon premier article. C’est possible mais c’est faux. D’autres esprits chagrins, car ils sont légion ces esprits chagrins, expliquent la pérennisation de ma présence par le versement d’une indemnité confortable (en lingots, je crains trop les dévaluations inopinées). Par contre, ça c’est faux. En effet avec mes textes promis à la Pléiade aux cotés des Ronsard, Du Bellay et San Antonio et mes photographies promises au Festival d’Arles (qui est à la photo ce que Cannes est cinéma, c’est dire si je joue dans la cour des seigneurs), je commençais à avoir de l’audience, de la notoriété, du crédit. J’étais promis à un avenir quasi-présidentiel … Je pouvais devenir le taulier du club.

Sans compter mon activité souterraine. Rappelez-vous. Souvenez-vous. Remettez-vous. Le dernier reportage de la saison 2014-2015, un reportage émouvant d’ailleurs, concerne les filles. C’est leur dernier match. Leur dernier match et le dernier match de la saison au stade dans la quasi indifférence du Triumvirat : pas de buvette, pas de droit d’entrée, pas d’affichage de score. Elles perdent. Elles sont condamnées à la descente. C’est la Bérézina. C’est Trafalgar. C’est l’Apocalypse. La disgrâce. Le malheur. Le désespoir.Elles chagrinent. Elles pleurent. Elles sanglotent. C’est fini. C’est plié. C’est terminé. C’est enterré……… .Et quelques semaines plus tard, la nouvelle tombe «elles restent en PH ». Certains parlent de miracle, mieux qu’à Lourdes et Fatima. Certes on peut y voir du surnaturel, de la bizarrerie, de la sorcellerie. Mais moi, je fais un lien entre mon brillant article et la décision du comité directeur des cheftaines du foot féminin. Bien sur les Dupond et Dupont du staff vont monter au créneau, crier à l’imposteur, au charlatan, au malveillant. Ils auraient, comme qui dirait,des mauvaises pensées. Ils oublieraient le tact et les bonnes manières. Je les connais les duettistes du vestiaire féminin, ils offrent des roses ou des coups de tisonnier, tout dépend de ton gabarit. Mais il y a quand même des coïncidences troublantes. Un article humain, sensible, délicat, généreux et des photos exquises, savoureuses, succulentes. Et le miracle se produit. La réintégration. La restauration. La résurrection. Moi je dis qu’il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages.

Donc je suis resté. Je ne suis pas parti. J’aurais pu si j’avais eu des propositions, mais je n’en ai pas eu. J’aurais pu si on m’avait dit de partir, mais on ne m’a rien dit. J’aurais pu après le coup des filles, mais on ne m’a pas appelé.

Mais je suis resté. Je ne suis pas parti. J’aurais pu m’agacer, rouscailler, taper sur le comptoir, faire des photos floues, bâcler mon texte, exiger un contrat, mes points-retraite, mes droits à l’Assédic, et même demander mon transfert. Mais quand tu as dépassé la soixantaine et que tu mesures 1m70, t’exiges plus, tu demandes même pas, y a des statistiques là-dessus.

Et retour à la Coupe de France. D’habitude c’est « un pt’it tour et pis c’est tout ». Cette année, ça va changer. Je le sens.

Il y a des signes..

Le ciel nous offre une éclaircie. On peut admirer les Montagnes Noires dans le lointain, qui ressemblent aux Montagnes Rocheuses . Autant en emporte Leuhan ……

AN t'es un poète !! On dirait un Vlaminck. Non, pas le coureur cycliste, le peintre ..L'alliance infernale : sport et peinture !

On va gagner, c’est sûr. On ne peut pas passer par la fenêtre le jour du pardon de ND des Portes.

Kev’ marque et Leuhan ploie….

Leuhan joue et tire sur la barre, si Leuhan cadre …..

Leuhan rage et l’arbitre voit rouge. Et double…

Pénalty, Greg marque et Leuhan tonne le chant du cygne,

Leuhan fin du match.

Et le signe indien est vaincu.

Une ovation pour captain’ Bibi qui a raté, de quelques centimètres, un but sur une talonnade de génie, une Madjer d’anthologie.

« Une chance » m’a soufflé un des ses coéquipiers « une chance parce que s’il avait marqué, il nous aurait fait ch… toute la saison, avec ce but ! ». Pas de souci monsieur le capitaine, contre une Coreff, je peux te donner le nom du gentleman médisant. Et contre deux les noms de ceux qui ont ri et approuvé.

Et pis on est rentré.

AN

Leuhan-Plonévez août 2015



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