Plonévez - Spézet

Spézet, c‘est bête…


« Pour aller loin, il faut ménager sa monture» . Pour avoir oublié cela l’année dernière, Spézet est resté en D1. Alors cette année ils appliquent l’adage. Et ils ajoutent « Rien ne sert de courir, il faut partir à point ».
Ben nous, on est d'accord.
Le départ tonitruant est pour nous. La fleur au fusil. La baïonnette au canon. L’œillet à la boutonnière. On les aura. Allons enfants de la garderie (on est une équipe jeune), le jour de gloire est arrivé. On n’est pas des traîne-patins. Pas des traînes-lattes. Pas des traîne-savates. Pas des demi-sels. A bras le corps. A ma poigne. Et comme le dirait si bien Raoul, l’aîné des Volfoni « on va les retrouver éparpillés sur le terrain, façon puzzle ».
On monte à l’assaut mon bon Léo. Bingo mon coco. Le maestro a du culot. Un brin d’adagio. Finir sur un fandango. Le gardien a du pot. La pause à un-zéro. Un pt’it quart d’heure au bistro.
Et Anthony remet l’artillerie. Secoue la nurserie. Un tir précis. Une petite gâterie. De l’Antho garanti. Un but d’Antho-logie.
Et, là, le tableau d’affichage parle de lui-même.


Même les spectateurs se prennent au jeu. Ils en oublient l’arthrose, négligent l’angine de poitrine, méprisent l’embolie. Ils risquent la fracture, voire l’entorse ou au pire le claquage musculaire, sautant comme des cabris devant la beauté du programme footballistique proposé par nos petits gars. Pour tout vous dire, et ne rien vous cacher, vous mettre dans la confidence, sans faire de cachotteries, il y a du grandiose, du féerique et même du surnaturel. . On sent les spectateurs étourdis, aveuglés, subjugués, égarés, embaumés, enfumés par le jeu Plonévézien.
Témoin mon ami Buzit, fidèle supporter et ami de foot. Une épée. Une pointure. Un cador. Et qui, porté par l’atmosphère enivrante, au mépris des précautions élémentaires que préconise le poids des ans, se laisse aller au geste technique suprême du spectateur attentionné : la remise en jeu du ballon. Geste solennel alliant dans une synchronisation incroyable, irréelle, quasi mythique, la précision diabolique du carillon de Westminster et la souplesse féline de la panthère tachetée. Geste difficile s’il en est, complexe, abscons même, et réalisé ici de façon accomplie. Inscrit au patrimoine. Monsieur Buzit futur Prix Nobel de la " remise en jeu". » ..


La fin est cauchemardesque et même dantesque. Il y a à la fois, de la descente aux enfers, du chant du cygne, de la sortie de route, du crack boursier, de la retraite de Russie, du coup de Trafalgar, du crépuscule des dieux, du déclin de l’Empire Romain. C’est dire la brutalité de la chose. Pour aboutir à l’estocade finale, l’enterrement de première classe. Waterloo et Alésia réunies.
On te racontera.
Moi j’peux pas. J’peux plus. J’ai plus la force. J’ai plus les mots.
Et pis on est rentré.
AN

Spézet-Plonévez (oct 2014)



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