Plomodiern-Plonévez du Faou

Plomodiern et l’année prochaine ….
- Alors AN en D2 l’année prochaine …. Depuis le temps que cela vous pend au nez, fallait bien que cela arrive.
- Pas forcément …
- Votre sens de la répartie confine au poétique, si ce n’est une once de concision qui gâte un peu le côté shakespearien. Reconnaissez quand même qu’avec la D1, c’est la brouille, la rupture, le divorce, et pas par consentement mutuel. La D1 ne veut plus de vous. Fallait pas attendre le dernier match. Fallait marquer des buts. Fallait lui faire plaisir. La D1 a bien remarqué le manège de la D2. Ca flirte depuis un moment. La D2 nous guette, aguichante et vénale. Œillades et battements de cils, caresses et roucoulades. Et on ne lui a pas botté le cul assez tôt. Edern c'était déjà trop tard. Alors la D1 s’est sentie méprisée, dépréciée, humiliée, trompée. On l’a déçue. Alors forcément, cela se paie comptant …


Pas forcément …
Avec vous , et, croyez que je le regrette, seuls les vrais problèmes de la vie, socialisme, bouffe et fion peuvent faire l’objet d’une élévation de pensée. Mais reconnaissez quand même que, depuis le divorce d’avec la PH, les Gars ont roulé sur la jante. On était en rémission. Faut dire, la PH c’est une vorace, une passionnée, une affamée. C‘est une multicul, la diablesse. Elle se laisse séduire par des gros bras comme Fouesnant ou Trégunc, éconduit Châteauneuf pour des raisons obscures, mais ne crache pas sur de jeunes loups comme Plonévez, Plounévézel, Berrien ou Spézet,. Le goût du terroir. Un fumet de fiente de porc aurait séduite la gueuse. Goulue, elle choisit ses prétendants aux quatre coins du Finistère. Fouesnant, Plouzané, Plouhinec, Bohars, Gourin, Guilers, Ppnt L’Abbé, Trégunc. la bougresse ne compte pas les kilomètres. Alors forcément, après, pour les déplacements, cela se complique…


- Pas forcément….
- Faudrait songer à varier votre vocabulaire, y mettre une pointe d’exotisme, de mysticisme, ce serait dommage de lasser. Reconnaissez quand même que la PH est une citadine. Bohars ou Guilers mais pas Poullaouen ou Trégourez. Elle aime le béton, le HLM, l’odeur des frites et du Diesel. Il faut se lever aux aurores, avaler un sandwich, cirer ses pompes, allumer le GPS, faire le plein de l’auto et rentrer à la nuit tombante. Et ces prétentieuses, Quimper-Penhars ou Plouzané, ne te connaissent pas. Ils ne savent même pas que Plonévez existe. Ils croient que tu as des ballons en cuir, et que tu vas jouer en boutou coat. C’est des grosses bourgades, fières, hautaines, froides et il y a même des villes, avec des pelouses en plastique et des sièges de couleur dans les tribunes. Alors forcément, cela impressionne ….


- Pas forcément ….
- Vous êtes d‘une mauvaise foi hallucinante, vous plongez dans le monosyllabisme primaire et cela altère votre réflexion. Reconnaissez quand même que nous et la PH c’était le mariage contre nature, ça pouvait pas durer. Pourtant, la PH n’est pas une égoïste. Elle est capable de faire des folies pour te récompenser. T’amener Stéphane Guivarch, un champion du monde de foot au stade Yves Bégoc, avec son short marqué du numéro 9, ou te permettre de toucher au Nirvana en gagnant à Plouhinec ou à Fouesnant ou à Dirinon. Tu vois, ça c’est le genre de plaisir charnel, et même sensuel que tu connaîtras pas avec la D2. Tu passes de Wolfgang Amédéus Mozart à David Guetta, de la Rolls à la Clio, du boxer Dim soft touch microfibre au slip Kangourou, pas le même registre. Alors forcément, cela fait réfléchir….


- Pas forcément …..
- Vous avez des absences mon ami, moi j’ai des souvenirs. Reconnaissez quand même que tout n’était pas rose avec la PH. Elle avait ses humeurs. Elle nous avait flanqué des fessées et des sévères. Des qui méritaient la plainte pour harcèlement, et même pour coups au moral et blessures d’amour propre. Rappelle toi le 7 - 0 ramassé à Plougastel. Ça t’a fait fait mal, pire qu’un suppositoire à la nitroglycérine. Et le pénalty concédé à la dernière minute de jeu à Plouzané. Typique de la PH, le genre oie blanche ingénue, avec façon de donzelle mais sournois, et d’un coup la gueuse se dévoile et te flanque la mornifle perfide de derrière les oreilles., sans préavis, à la déloyale. T’entends chanter les anges. La PH savait être joviale, mais d’humeur changeante, on lit ça dans les yeux. Alors forcément, cela interpelle…..


- Pas forcément…..
- Décidément, sur le plan linguistique, vous ne décollez pas souvent, vous risquez pas le vertige grammatical. Reconnaissez quand même que la rupture d’avec la PH s’est faite avec les sommations d’usage. Et les Gars ont retrouvé la D1, avec les anciens amants de la PH, Camaret, Briec, Edern, Châteaulin, Pleyben. Les ex sont légion parce qu’elle est gentille la D1, elle s’offre aux proscrits de la PH. Pas farouche. Moins de manières que la PH. Plus rustique, plus rurale, plus champêtre. Mais elle aussi s’est lassée des Gars. Pas assez d’envie. Elle ne demande pas l’impossible, un peu d’appétit, un peu de convoitise, avec les yeux qui s’arrondissent et les narines qui frémissent et c’est dans la poche. Lui montrer qu'on s'intéresse, qu'on a passé une bonne après-midi. Faut lui faire un petit sourire jubilatoire, élégant, à la Gainsbor-Ho. Mais c’est pas venu. Alors forcément, cela chagrine ….


- Pas forcément ….
- Vous êtes coriace avec la syntaxe, et entêté, cela dénature votre analyse et nuit à votre jugement. Reconnaissez quand même qu’on a laissé les autres la courtiser. On les a regardé faire. On a compté sur le faux pas décisif, la maladresse fatale, l’embrouille de première, l’expulsion calamiteuse, le carton rouge assassin. Mais peau de balle, les autres ont tenu leur rang. La belle s’est fait enfumer tranquille. Parce que La D1, on doit s’occuper d’elle comme d’une voiture de luxe,. Elle se démarre en douceur, d‘un petit coup de pouce, à l’ancienne. Faut lui faire briller les enjoliveurs à la cire Antiquaire, pas à l‘eau savonneuse. Faut lui faire reluire la carrosserie à la peau de chamois, pas à l’essuie-tout. Et cela nos compères l’ont, fait, pas nous. Mais la D1, elle veut aussi qu‘on la bouscule, qu‘on la strausskahnise. Façon virile, avec la manière, battre le leader par exemple, ou faire un score fleuve, ou la faire transpirer jusqu'à la dernière minute, quand elle n'y croit plus, pour un ultime frisson. Et ça non plus on l’a pas fait, ou trop peu. Et on a déçu la D1. Elle a regardé ailleurs, désabusée. Alors forcément, cela agace ……


- Pas forcément. Ben non, pas forcément …..L’inexorable déglingue. La tragédie antique. Le drame national. Vous m’ôtez les mots de la bouche. Pire que l’offensive des grenouilles dans les bénitiers, des dindes à l’élection de miss France, ou des termites dans la basilique papale, sans parler de celle des poux dans les maternelles. La relégation. Moi qui rêvait de sacre, d’Austerlitz, de défilé aux Champs, d’or et de pourpre, de champagne et biscuits Belin. Et c’est la sanction, la décapitation, l’excommunication. On descend en D2. Et la « B » descend en D3. Et la « C » . …J’ai pas pu aller à Plomodiern. Le combat de trop. On ne peut pas hurler à tout coup. Mais qu’est ce qui nous arrive ?
Et pis on n'est pas rentré, puisqu'on n'est pas allé.
AN



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