Scaër-Plonévez

C’est clair, c’est Scaër
On n’ a rien pu faire. Scaêr, autoritaire, gère l’ordinaire, et en trois éclairs et nous renvoie aux vestiaires. Elémentaire.
Faut reconnaître, on était sur un petit nuage.


On a passé le premier tour de la Coupe de France. Imagine. On a vaincu le signe indien, terrassé la scoumoune, comblé successivement le gouffre, l’abîme et le précipice, éteint la mauvaise étoile, repeint la pierre noire, dégommé les oiseaux de mauvaise augure, crevé le mauvais œil. Bon, faut reconnaître, faire tout cela en une semaine, ça nous a fatigué un peu. Et pis, ça nous a porté à la tête comme un vin mousseux en promo, pire que les champignons qui te font voir des couleurs que tu connais pas.
On a vu des tours de Coupe avec un public délirant et survolté, des articles dans la presse locale et même régionale et même nationale, des hommages vibrants et dithyrambiques des édiles locaux, des encouragements par SMS des plus grands entraîneurs de la sphère footballistique internationale, Jo Le Ho, Didier Deschamps et Charles Edouard Coridon.
Laissons passer une petite réclame


On s’voyait déja en haut de l’affiche, sponsorisé par Coreff, la bière Coreff, la bière réservée aux chefs, et la Pizza RIOU, la pizza Riou la seule qui ait du goût, le ballon payé par Vé Mell, le ballon Vé Mell, le ballon qui fait ficelle.
On rêvait de podium, d’investissements étrangers Biélorusse ou Qatari, de langues qu‘on parle pas, de cinq arbitres par match, de goal line, de Canal Football Club, de conférences de presse, de bagnoles de sport, d‘avions privés, de valises de biftons, de majorettes, de musique d’ambiance, joueurs parés de tatouages tribaux pas très beaux et affublés de coiffures gominées, laquées, parfumées, ondulées, décolorées, plaquées, oxygénées, poudrées.
Laissons passer une autre petite réclame.


On se Guingampisait.
On rêvait de petit Poucet pas décidé à se faire bouffer par l‘ogre, de petit chaperon rouge flanquant une mandale au loup, de la Belle au Bois Dormant bottant le cul de la fée Carabosse.
On était sur la rampe de lancement, comme la fusée Ariane. On allait marcher sur la lune, la tête en bas et dans les étoiles. Avec des survèt’ en strass, et des pompes de ministre. La classe quoi !
Et pis Scaër d’abord, et après, des grosses équipes. Des pointures. Des cadors, des épées. Celles qu’on voit à la télé, et qui jouent dans des divisions à trois lettres. Celles qui demandent si le terrain est homologué et recouvert d’une pelouse naturelle façon British ou synthétique de type Merlu. Celles qui demandent s’il est prévu du champagne millésimé Bollinger au casse croûte, de préférence au jaja ou au Pschitt citron, pour toi ducon. Celles qui demandent s’il y a un parking assez vaste pour garer le car Pullmann High Comfort Royal Class Astronef Space avec repose-pieds, repose-tête, repose-jambes et repose-b…. . Celles qui demandent s’il est prévu un traducteur pour la conférence d’après-match de l’entraîneur pourquoi la coach, il maitrise pas bien la langue des corneilles et des molières.
On rêvait.
J’ai fait une photo des filles,

Puis je suis allé voir la « B » avant de revenir voir la « A ». Mais je fus dérangé. Mon statut de multicartes free-lance porte préjudice à ma vision du match. Mais ce n'est qu'un début ….
Bon Scaër nous a ramené sur terre.
Et pis on est rentré.
AN

Plonévez-Scaër août 20015



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