Landeleau - Plonévez octobre 2018

On coiffe Landeleau au poteau

Me revoila.

Les malfaisants qui lorgnent ma place, les malveillants qui louchent sur mon statut, et puis les malséants qui guignent ma fonction, tous ceux-là voient avec bonheur le site des Gars demeurer désespérément vide. Abandonné, désertifié, saharisé.

Et comme dit le proverbe « qui va à la chasse, a du plomb dans l'aile ».

Ils postulent déjà ces arrivistes félons, avec force paroles flatteuses sur leur virtualité en art calligraphique, et leur compétence en art photographique. Ils font la révérence aux présidents, baisent la main des entraineurs, lèvent le chapeau devant le responsable de l'école de foot, content fleurette au trésorier (ça c'est gonflé !!!!).
Ils en seront pour leur peine ces sournois grimaciers incultes, car si je suis réduit au silence, la faute en incombe à l'informatique. Le Bug, l'écran bleu, l'erreur fatale. Je pianote mon clavier avec espérance, indexe ma souris avec impatience, scrute mon écran avec concupiscence et, hélas, constate avec résignation mon assignation au silence.

Et puis un dimanche d'octobre, le 21 octobre au matin, Phébus illumine mon écran et ma mâtinée. Après la cure de sommeil, la cure de soleil.

Le soleil me sort de mon cachot, me redonne du boulot, me remet à flot. Il va faire chaud à Landeleau.

On se chauffe à Landeleau.

Tout commence par un hors d’œuvre copieux, plantureux. Un nœuf-à-un. Le noeuf-à-un est un nœuf cuit à la force du mollet, à l'étouffé de l'adversaire, doré au soleil pendant 90 minutes. Servi par l'école des petits mitrons des Gars, encadrés de cuisiniers chevronnés. On en a pour son argent.

Après m'être goinfré de ce plat succulent, je suis attiré par l'affiche du plat de résistance.

Le maitre d'hôtel invite les deux chef-cuisiniers à une petite prière. Un benedicite avant de se mettre à table. Les mettant en garde contre les excès, les invitant à rester sobre, tout en prenant du plaisir au repas dominical.

Le plat est une Kévinade. C'est un fricot qui doit mariner à feu doux pendant au minimum 81 minutes. Attention, à l'étouffée, il peut tourner à l'aigre, virer indigeste, c'est le but de l'adversaire. Thibaud D. notre chef-cuisinier, d'un zeste de péno, allège la sauce. Au bout de 80 minutes, en fin de cuisson, on ajoute deux fricassées à la ficelle, la Kévinade est prête. Certains adjoignent un petit pruneau tout à fait en fin de cuisson, pour réaliser une Glenno-Kévinade mais ce n'est pas toujours réalisable.

On mange chaud à Landeleau.

Une seule fausse note. Une faute de goût. Un manque élémentaire de savoir-vivre. Un verre dont le contenu à l'allure de breuvage frelaté, de pissat de latrines, de liquide albumineux, de piège à guêpes, ne peut prétendre au qualificatif de « bière ».

Chez nous, notre boisson houblonnée, la Coreff, a quand même une bien jolie couleur ambrée dans le coucher de soleil plonévézien. Voila qui mérite le qualificatif de « bière ».

Je bois un gobelet du breuvage landeleausien parce que j'ai soif, parce qu'il fait chaud, parce qu'on a gagné, parce que c'est dimanche, mais surtout parce qu 'elle m'est offerte par la fée Viviane. Il eût été inconvenant de ma part de refuser cette offre.

On admet la Kro à Landeleau.

Et pis on est rentré.....

AN

Ah, je voudrais mettre en garde la Camarde et son janissaire à la charrette, l'Ankou. S'il est dans leur intention de nous rendre visite cette année, je leur botterais personnellement le cul. Je ne suis pas d'un naturel violent, mais me priver de la compagnie de Paul et de Jean-Luc est chose que je n'ai point acceptée. Ces gens étaient gens de bon aloi, de bonne condition et de bon conseil.

Paul serait certainement venu me gronder d'avoir ingurgité cette boisson faisandée ….

Ce qui aurait bien fait rigoler Jean-Luc...

Pourquoi ils sont plus là ? Y gênaient pas... .